L’interview sans gluten de Mademoiselle Senza Glutine

senzaCéline vivait avec des troubles digestifs depuis l’enfance si bien que sa vie était rythmée par ses problèmes : annulation de sorties, de voyages, absence au travail… C’est grâce à son ami qui avait lu un article sur le sans gluten qu’elle décide de s’en passer pour voir. Dix jours plus tard, une autre Céline libérée fait son apparition.

Pourquoi un blog ?  Mademoiselle Senza Glutine est né le 1er janvier 2012. Au fil des années et des expérimentations culinaires hasardeuses, sa cuisine s’est transformée. À travers son blog, Céline veut montrer que le sans gluten peut s’accorder avec une vie de famille, un travail prenant, un budget restreint…


  • Comment définiriez-vous le mode de vie « sans gluten » ?

Tout d’abord, je suis tout à fait d’accord avec le terme que vous utilisez. C’est bien un « mode de vie » car c’est pour la plupart des personnes un mode d’alimentation durable dans le temps.

C’est un mode de vie qui peut être à la fois synonyme de frustration, de colère et de plaisir.

J’ai initialement traversé une période de frustration et de colère avant d’accepter ce mode de vie. Il m’a permis de reprendre le contrôle de ma santé, de découvrir toute une palette de nouvelles saveurs et d’apprendre à prendre soin de moi par l’alimentation.J’ai pu reprendre le contrôle de ma vie grâce à ce changement alimentaire et je me sens très reconnaissante.

  • Comment êtes-vous venue à cuisiner sans gluten ? Souffriez-vous de symptômes ?

Il y a 6 ans, les troubles digestifs que j’avais depuis que j’étais petite étaient devenus tellement handicapants au quotidien que j’avais peur de perdre mon travail tant je devais m’absenter du bureau. J’avais de terribles troubles digestifs qui survenaient au quotidien de manière plus ou moins aiguë.

Je ne planifiais plus de sorties, j’annulais des voyages…je vivais dans la peur d’être prise de maux de ventre à l’extérieur de chez moi et de ne pas trouver de toilettes.Mon ami à l’époque avait lu un article sur le gluten et les intolérances alimentaires. L’article expliquait qu’on était souvent intolérant aux choses que l’on mangeait le plus.

Nous avons réfléchi à ce que je mangeais chaque jour : des tartines de pain le matin, des tartines le midi avec une salade, des tartines au goûter et des tartines le soir avec la soupe. Nous avons décidé que j’arrêterais le gluten pendant une semaine pour tester.

  • Quelles améliorations avez-vous pu constater en éliminant le gluten de votre alimentation   ? Ces « changements » sont apparus après combien de temps ? 

Au bout de 10 jours, mes douleurs avaient entièrement disparu. Avec le recul, je me rends compte que c’était l’ensemble des céréales qui me causait du tort et pas uniquement celles contenant du gluten.
A cette époque, je venais aussi d’être diagnostiquée avec une thyroïdite de Hashimoto, une maladie auto-immune de la thyroïde.

C’est une maladie de plus en plus courante, surtout chez les femmes, et très souvent liée à la maladie cœliaque. Après avoir fait beaucoup de recherches, je me suis rendu compte que manger sans gluten était indispensable pour les personnes souffrant de Hashimoto. Effectivement, au fil des années et après avoir changé de mode d’alimentation, les symptômes liés à ma thyroïdite se sont estompés et j’ai pu baisser le dosage de mon traitement.

  • Est-ce facile de vivre sans gluten ou est-ce parfois handicapant (quand on se rend chez des amis, quand on va au restaurant…) ?

La première année sans gluten, j’ai été très frustrée. Mon état d’esprit était négatif et je me focalisais sur ce que je ne pouvais pas manger. J’ai beaucoup pleuré ! Les effets sur ma santé et mes troubles digestifs étaient toutefois tellement bénéfiques que j’ai commencé à me sentir apaisée et plus heureuse. Je pouvais recommencer à prévoir des sorties sans avoir peur d’être prise de maux de ventre très douloureux. Je pouvais revivre, en quelque sorte. Gourmande que j’étais, je me suis progressivement mise à cuisiner pour compenser mes frustrations. Je me suis prise au jeu et j’ai commencé à aimer cuisiner.

  • Mes amis proches et ma famille ont été très compréhensifs. Il y a bien sûr toujours des personnes dans l’entourage qui ne comprennent pas ou qui pensent que ce n’est pas nécessaire de se priver ainsi, mais mes proches m’ont vue me transformer d’une personne fragile ayant toujours mal au ventre, au teint gris, en une personne apaisée et affichant une bien meilleure mine.
  • Ma maman a aussi adopté ce mode de vie pour les mêmes soucis de santé et cela nous a rapproché : lorsque je lui rends visite, nous cuisinons ensemble, nous partageons des recettes…Mes frère et sœurs et mon père s’y sont aussi mis peu à peu en me préparant des repas sans gluten et sans produits laitiers quand je leur rends visite !
  • Chez les amis, je propose toujours avec plaisir d’apporter un dessert ou des apéritifs, et ils me demandent avant si le plat conviendra. Sinon, j’aime beaucoup inviter des amis alors c’est moi qui cuisine J ! Chez des personnes que je ne connais pas, je préfère annoncer avant que je mange sans gluten et sans produits laitiers plutôt que d’attendre d’avoir le plat devant moi : c’est encore plus gênant de devoir l’expliquer à ce moment là !
  • Pour les restaurants, pour éviter de se retrouver devant un menu sans rien pouvoir manger, je recommande de faire des recherches avant, et même d’appeler le restaurant de votre choix pour vous assurer qu’il y aura des options pour vous ou qu’ils pourront adapter le plat.
    J’étais un peu gênée au début mais en fin de compte, les restaurants sont souvent compréhensifs. Et s’ils ne le sont pas, je les évite car sortir dîner doit rester un plaisir.
  • Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se mettre à la cuisine sans gluten ?

N’essayez pas à tout prix de reproduire des plats traditionnellement avec gluten en version sans gluten. Commencez par privilégier les plats simples et savoureux en choisissant le plus possible des produits de qualité. Au fur et à mesure que vous vous sentirez à l’aise, vous pourrez essayer des produits un peu plus ‘originaux’ comme le quinoa ou la farine de châtaigne.

Avant tout, ne perdez pas le plaisir de manger et ayez confiance : en quelques mois, vous vous sentirez beaucoup moins perdu. Lorsque j’ai commencé à cuisiner sans gluten, il n’y avait presque aucun blog de cuisine sans gluten ni de livres de recettes. Aujourd’hui, il y a tellement de choix ! Puisez de l’inspiration dans toutes ces choses là J

  • Quels sont vos aliments de prédilection ?

Les légumes, tout simplement ! Il y en a une telle variété qu’on ne peut pas s’ennuyer avec. Ils sont naturellement sans gluten et ils sont excellents pour retrouver la forme et la santé.
Rôtis, marinés, vapeur, au bouillon, en soupe… Ils se déclinent à l’infini. Je les sers avec des pestos d’herbes fraiches, de tomates séchées, du houmous ou un peu de tamari (une sauce soja sans gluten).
Pour les gâteaux, j’aime beaucoup utiliser la poudre d’amande. Elle se marie bien avec toute une palette de saveurs, elle apporte du moelleux et peut même remplacer le beurre ou l’huile dans certaines recettes.


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